Il n’existe pas de « loi sur le justificatif de domicile ». Il existe une liste de pièces admises, publiée par l’administration, et des règles propres à chaque démarche.
La règle générale : un document de moins d’un an, à votre nom, portant l’adresse du logement. La fiche F14807 précise qu’« aucun autre document ne doit être exigé ».
Votre marge de manœuvre : un service public ne peut pas réclamer une pièce hors liste. Un organisme privé, lui, fixe librement les conditions de son dossier.
Beaucoup de personnes cherchent le texte de loi qui définirait le justificatif de domicile. Il n’y en a pas un seul. Le cadre se compose d’une liste de référence, publiée et tenue à jour par l’administration, et d’exigences particulières attachées à certaines procédures : les listes électorales, la carte grise, le mariage. Comprendre cette architecture évite la plupart des mauvaises surprises au guichet.
Le socle : la liste des pièces admises
Les documents reconnus
Accepté- Facture d’électricité, de gaz ou d’eau< 1 an
- Facture de téléphone fixe ou mobile< 1 an
- Quittance de loyer non manuscrite< 1 an
- Attestation d’assurance du logement< 1 an
- Avis d’imposition ou de non-impositionle dernier reçu
- Relevé Caf mentionnant des aides au logement< 1 an
- Titre de propriétéacte notarié
Deux exclusions méritent d’être retenues, parce qu’elles reviennent sans cesse : une quittance de loyer manuscrite n’est pas recevable, seule celle émise par un organisme ou une agence l’est ; et le RIB, la carte d’identité ou le permis de conduire ne sont jamais des justificatifs de domicile, quelle que soit l’adresse qui y figure.
Ce qui a changé, et depuis quand
La preuve d’adresse s’est dématérialisée. Les fournisseurs d’énergie, les opérateurs, les assureurs et les bailleurs mettent tous à disposition un espace client d’où l’on télécharge une facture ou une attestation de contrat en PDF. Les téléprocédures acceptent ces fichiers : la copie numérique suffit dans l’immense majorité des cas. Une nuance persiste toutefois, et elle est écrite noir sur blanc dans les procédures de titres : vous devez rester en mesure de présenter l’original de chaque pièce fournie.
Justif’Adresse permet de ne rien joindre du tout. Ce dispositif, proposé sur les demandes en ligne de titres (carte d’identité, passeport, permis de conduire, certificat d’immatriculation), vérifie automatiquement votre adresse auprès d’un fournisseur d’énergie partenaire. Il est gratuit et facultatif, suppose un contrat à votre nom chez EDF, Engie ou TotalEnergies, et concerne la France métropolitaine ainsi que les départements et régions d’outre-mer. S’il aboutit, aucun justificatif n’est à téléverser. S’il échoue, vous reprenez la voie classique.
La taxe d’habitation a quitté les dossiers. Supprimée sur les résidences principales, elle ne subsiste que pour les logements secondaires. Elle n’apparaît plus comme pièce courante, alors que de nombreux formulaires anciens la mentionnent encore. Si un guichet vous la réclame, l’avis d’imposition sur le revenu ou une facture d’énergie la remplacent sans discussion.
L’élection de domicile ouvre les droits sans logement. Une personne sans domicile stable obtient auprès d’un centre communal d’action sociale ou d’un organisme agréé une attestation d’élection de domicile. Elle tient lieu d’adresse administrative et donne accès aux prestations sociales, à l’assurance maladie et à l’inscription électorale. La démarche est gratuite.

Aucun texte ne pose cette règle de façon générale. La référence est moins d’un an. Les trois mois s’appliquent à l’inscription sur les listes électorales, six mois à la carte grise et au permis de conduire, et le mariage exige au contraire un document de plus d’un mois. La croyance vient des organismes privés, qui réclament souvent trois mois par précaution commerciale. Voir le tableau complet des durées.
Les cas que les textes prévoient expressément
L’hébergement chez un tiers repose sur trois pièces indissociables : l’attestation originale datée et signée par l’hébergeant, la copie de sa pièce d’identité, et un justificatif de moins d’un an à son nom. Aucune ne vaut seule. Notre générateur établit la première, et la page j’habite chez mes parents détaille le montage complet.
Les listes électorales élargissent la liste habituelle : le bulletin de salaire et le titre de pension y sont acceptés, à condition de dater de moins de trois mois. C’est la seule démarche courante où ces documents valent preuve d’adresse.
L’habitat mobile et les personnes hébergées à l’hôtel disposent de solutions spécifiques : attestation du gestionnaire de l’emplacement, document officiel à son nom, ou élection de domicile. Là encore, l’administration a prévu une porte de sortie plutôt que de laisser la personne sans preuve.
Ce qu’un guichet ne peut pas exiger
La formule « aucun autre document ne doit être exigé » est votre meilleur argument face à une administration qui réclame une pièce absente de la liste. Elle ne s’impose toutefois qu’aux services publics. Une banque, un assureur ou un opérateur reste libre de demander un document plus récent, ou une pièce supplémentaire : ces exigences relèvent de leur politique interne, pas du droit administratif. Savoir de quel côté se trouve votre interlocuteur permet de savoir quand insister.
Questions fréquentes
Il n’existe pas de texte unique. L’administration publie une liste de référence, reprise par la fiche F14807 de service-public.gouv.fr, et chaque procédure comporte ses propres exigences : trois mois pour les listes électorales, six mois pour la carte grise et le permis, plus d’un mois pour le mariage. C’est la démarche qui commande, jamais une règle unique.
Oui. Une facture éditée depuis l’espace client de votre fournisseur est un document authentique, et les téléprocédures sont conçues pour la recevoir. Veillez seulement à transmettre le fichier complet et lisible plutôt qu’une photo partielle, et gardez à l’esprit que vous devez pouvoir présenter l’original si on vous le demande. Voir où le télécharger.
Modifier une facture ou fabriquer une attestation relève du faux et usage de faux, un délit sévèrement sanctionné par le code pénal, auquel s’ajoute le retrait du droit ou de la prestation obtenue. Aucune situation ne justifie ce risque : l’hébergement chez un tiers et l’élection de domicile couvrent légalement les cas où rien n’est à votre nom.